le Loup-Blanc discute sur le « Complexe de Primarette »

emote_howl.gif Connaissez-vous le « Complexe de Primarette » ? emote_howl.gif

 


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Tout d’abord Primarette est un charmant petit village de l’Isère de 620 habitants. Il est situé dans Arrondissement de Vienne et fait parti du canton de Beaurepaire. Il jouxte les villages de Saint-Anne-sur –Gervonde, de Diemoz et la forêt de Bonnevaux s’étire jusqu’à la limite de la commune. Si maintenant il ne s’y passe rien d’extraordinaire, ce ne fut pas le cas au milieu du 18 ème siècle.

Christian Abry et Alice Joisten ont analysé ce phénomène sous le nom de

« complexe de Primarette ».

 2004 CHRISTY GDW

Un peu d’histoire emote_howl.gif

 

Des verreries s’implanteront dans la forêt de Bonnevaux au XVe siècle. C’est en 1681 qu’on aura connaissance de la verrerie du bois du Maret à côté de Primarette.  La verrerie de

Chambaran (du nom de son premier verrier) avait la particularité de se déplacer au gré des coupes de bois. C’est pourquoi, au fil des siècles, différents sites portant les noms de Chambaran, Morfondière, Crépet (commune d’Arzay) ou Bossieu sont implantés, puis délaissés au profit d’autres lieux plus boisés. La verrerie de Chambaran a connu une exceptionnelle longévité puisqu’elle a subsisté du XVe au XIXe siècle, en deux périodes bien distinctes : l’Ancien Régime de 1473 à 1788, puis après la Révolution pendant une trentaine d’années au début du XIXe.

C’est aux environs de 1740 que ce « phénomène » commence a prendre toute son ampleur.

A partir de 1672 on trouve dans le registre paroissial de l’église des actes de décès d’enfants, ces décès sont imputables aux loups.

 

«  En l’an 1747 le 23 may : mardi de pentecôte pendant l’office des vêpres, un loup carnacier pris l’enfant de François Malarin à la porte sa maison… » 

 

Ce sont plus dix enfants qui seront dévorés de 1672 à 1752 dans le village de Primarette. En 1673, les registres paroissiaux de Sainte-Anne-sur-Gervonde signalaient un premier cas, celui d’une fillette, dévorée par « un loup-garou très carnassier », proche du bois appelé la Verrière Ferron. C’est a cette époque qu’il commença a y avoir confusion entre loup et loup garou. En 1749, il y a eu des processions où l’on plantait des croix pour protéger des loups, et on exorcisait contre ceux qui dévoraient les enfants.

Durant les mois de juin, juillet, août, septembre et octobre 1754, les loups cerviers appelés vulgairement loups-garous, ont dévoré et mangé cent et dix personnes, tant filles que garçons, du côté de Vienne, entre autre à Chaponay, Lusinay, Jilins, Villette, Chaleyssin, Saint Pierre de Chandieu, Heyrieux, Diémoz et les villages voisins.

 

Les notables orientent astucieusement la croyance populaire, et savent pertinemment utiliser l’image du loup pour intensifier celle–ci. Dans la région qui nous intéresse Le Dauphiné, le loup-garou est au service du seigneur et du curé, dont il contribue à maintenir la domination, en confortant les habitants dans la crainte et l’obéissance. Il s’agissait d’hommes a la solde de ces autorités, déguisés en loup avec pour ordres de faire peur aux populations. L’épicentre de la zone où ce type de « loups-garous » existait, est situé entre Vienne et la Tour du Pin, c’est-à-dire la région qui nous intéresse.

Par ailleurs, Bernard Bonin, nous indique que dans la province du Dauphiné, on ne trouve des plaintes contre la présence du loup que dans 3 communautés du Chambaran, qui, ayant le droit de pâturage en forêt de Chambaran, n’osent pas y mener leur « menu bétail », Brion « à cause des loups et autres bestes sauvages qui y sont en grande quantité », Chasselay, à cause des « loups et autres bestes farouches », et Varacieux, la forêt de Chambaran étant éloignée et « remplie de loups » ; il est nécessaire d’indiquer que ne se plaint des loups aucune des 10 autres communautés du plateau de Chambaran et de la plaine de Bièvre qui avaient également le droit de pâturage dans la dite forêt.

C’est a cette époque qu’on a commencé à  raconter que les maîtres-verriers – autrement dit les seigneurs – envoyaient ces loups-garous récupérer la graisse des enfants pour la fabrication du verre. Et cela avec la complicité du clergé. Ces méfaits réels, imaginaires (ou provoqués) des loups et des loups-garous présentaient aussi des avantages puisque, selon Raymond Moyroud, les verriers s’en servaient pour éloigner les importuns et protéger leurs secrets de fabrication !

« La trempe : Refroidissement brutal, lui octroie une meilleure résistance à la rupture et une importante dureté superficielle. Les verres dits incassables sont ainsi obtenus en trempant le verre suffisamment chaud dans un bain d’huile ou de graisse fondue entre 60 et 120°C. »

 

Ce complexe de croyances bien spécifique se perpétuera sur trois siècles au moins. Ainsi, un texte de la fin du XIXe siècle nous dit que les liberous, ou luberous, « parcouraient en tous sens les communautés et paroisses voisines [de Lieudieu] pour racler la partie la plus charnue des chrétiens et y trouver la graisse indispensable, croyait-on, à la bonne fabrication du verre de Chambarand.

A Pommier-de-Beaurepaire, en novembre 1980, Charles Joisten, à Pommier-Baurepaire, une petite localité au sud de Primarette rapporte qu’un homme de 57 ans lui a tenu ces propos : « Autrefois, on mettait de toutes petites fenêtres aux maisons pour empêcher les loups-garous d’entrer et d’enlever les enfants. » Et voici comment l’informateur répond à la question sur l’ancienne verrerie du pays : « Mes parents m’ont eu dit que ça a été baptisé la Verrerie parce qu’ils faisaient des verres avec la graisse des enfants ».


On voit que les légendes on la vie dure ! Mais je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement avec une autre histoire qui a fait pas mal de victimes 157 attaques et 104 victimes en trois ans ! Celle de « Bête du Gévaudan ».
 
 De nombreuses hypothèses ont été élaborées…On n’y retrouve pas mal de faits similaires les personnages, les lieux, les dates…
 

Pour les dates, cette histoire se situe entre juin 1764 ou l’on trouva la première victime et juin 1767, date à laquelle Jean Chastel de la paroisse de Besseyre Saint Mary tue une " bête " au bord de la forêt de la Teynazère, sur la Sogne d’Auvers près de la paroisse de Nozeyrolles, Les victimes sont en majorité des enfants et des adolescents des deux sexes et des femmes. Il est à noter qu’ici comme à Primarette le loup ne dévore pas les individus de sexe mâle de plus de 18 ans ! Suivant Hervé Boyac – La Bête du Gévaudan-plaidoyer pour les loups – 12 paroisses cumulent à elles seules 61 attaques, toujours sur un périmètre restreint.
Ce sont Saugues et Venteuges (20) ; Aumont, Nozeyrolles et Javols (12) ; Saint Chély, Saint Alban et Grèze (9) ; La Besseyre Saint Mary (7) ; Paulhac (6) ; Lorcières (5); Clavières (2).

Pour les lieux, il est un fait qui est  oublié par la plupart des auteurs qui relatent les « méfaits de la bête », ce massif est truffé de mines, galeries et autres cavités constituées par d’anciennes exploitations minières abandonnées. La plupart de ces mines d’antimoine et de feldspath-fluor, minéral justement utilisé en cristallerie, étaient en activité à l’époque de la bête puisque les minéraux et minerais exploités servaient à la verrerie. Les immenses forêts autour du mont Mouchet en Margeride, fournissaient la matière première pour les fours.

C’était pour cela que le gentilhomme et Maître Verrier Verny de La Védrines était venu s’installer au Château du Chamblard, qui accueillit plusieurs chasses à la Bête sur les pentes du Mont Mouchet.  Ce monsieur était réputé pour " avoir blessé un gros chien errant dans la montagne ".

 

Monseigneur Gabriel Florent de Choiseul Beaupré, Evêque de Mende, et son clergé ont joué iun rôle non négligeable dans cette histoire. Il a d’ailleurs, le 31 décembre 1764, consacré et publié un mandement pour stigmatiser cette débauche et ce libertinage qui, selon lui est à l’origine du fléau qui s’abat sur les hommes, et qui " depuis plus d’un siècle et demi gangrène l’élite française ". Le prélat prescrit donc des prières (celles des Quarante heures) dans toutes les églises, pendant trois dimanches consécutifs. En attribuant à la Bête le caractère d’un fléau divin, l’évêque garantissait l’origine surnaturelle de l’animal !

Pour bien montrer que notre bête gévaudanaise est bien un fléau de Dieu, déjouant tous les moyens de destruction, L’abbé Pourcher surenchéri et pour bien persuader les vilains que cette « Bête » est une punition divine indique que pour l’ année 1766, beaucoup de lettres ou rapports envoyés à la Bibliothèque Nationale signalent qu’à Verdun, à Roanne ou à Verdun, de gros loups ont dévoré des personnes. Mais dans les cas, ils étaient assez vite occis : le Gévaudan, lui, avait une « Bête » particulière et invincible, parce qu’elle opérait pour Dieu en personne. Fille de Dieu ou du diable, la Bête fut vite considérée par le peuple des campagnes comme un être doté de pouvoirs extraordinaires.  Et cela se transformait en Loup-garou chez les gens du menu peuple.

 

 Des nobles aussi Messire Jean Joseph de Chateauneuf-Randon, Marquis d’Apcher, Baron de la Garde, de Thoras, de Cénaret et de La Clause, Seigneur de La Besque, de Verdun, de la Clavière, Colonel de la Gendarmerie Royale, Maréchal de Camp du Roy et Chevalier de l’Ordre de Saint Louis et le comte de Morangies Jean François Charles de Molette.

emote_howl.gif  On retrouve donc les mêmes ingrédients !   emote_howl.gif

 

emote_howl.gif  Le loup, les victimes, le clergé, les nobles et un maître verrier !   emote_howl.gif

 

Et comme dans la première histoire, trois des protagonistes utilisaient les services d’hommes de main. En l’occurrence il s’agissait  de Jean Chastel dit " Le Masque " et  de ses deux  Fils Pierre et Antoine. 

Le père Jean,  avait la réputation d’être un excellent chasseur, avait été cabaretier et possédait une certaine instruction. Il était catalogué comme « meneur de loups », c’est-à-dire une personne ayant passé un pacte avec les forces satanique et pouvant diriger un ou plusieurs loups féroces. En général dans ces régions le surnom de « Masque » désignait des jeteurs de sorts et des sorciers.

Son fils aîné Pierre, gérait les intérêts et les terres de madame d’Apcher proche parente de Jean Joseph de Chateauneuf-Randon, Marquis d’Apcher.

Le cadet, Antoine, faisait office de garde chasse dans le bois de Ténazyre situé au cœur du mont Mouchet, Ce bois était aussi la propriété de madame d’Apcher. Cet Antoine Chastel, avait échappé de peu, grâce a une haute intervention a une condamnation aux galères pour une affaire de viol et meurtre avec actes de barbaries.

De la connivence entre les Chastel et les méfaits la bête on prétend donner une preuve matérielle, la tuerie aurait cessé au temps où ils étaient en prison. Notons d’abord que beaucoup d’enfants ou de femmes ont été dévorés bien loin de la Beyssère, paroisse des Chastel, et d’autres accalmies ont eu lieu alors qu’ils étaient en liberté. Mais il est quand même assez troublant, qu’aucun meurtre n’ait été commis pendant son incarcération en 1765. Par contre, dès qu’il a été relâché, les crimes ont repris. Que ou qui croire ?

 

En y regardant de plus près on peut s’apercevoir qu’il y avait deux types de meurtres. Ceux qui pourraient avoir été commis effectivement par des loups ou des animaux et ceux qui pourraient avoir été perpétrés par un pervers sexuel. Parfois la tête des victimes est retrouvée à plusieurs centaines de mètres, on sait aujourd’hui qu’il est très difficile de séparer la tête du tronc d’un corps humain, la colonne vertébrale est solide. Pour effectuer cette opération, il faut posséder un objet tranchant et aucun animal ne pourrait y parvenir. On peut penser que si le cadavre est resté plusieurs semaines aux intempéries, que des loups ou « la Bête » aient pu en rongeant ou transportant le cadavre séparé la tête du corps, mais ce fait a de grandes probabilités d’avoir été effectué par un être humain.

De nombreuses victimes ont les seins dévorés, ce tissu graisseux n’est pas le morceau de choix d’un animal féroce qui préfère les muscles et les abats, foie, cœur.

Enfin, quand même Jean de Chastel, tiens donc ! Eh oui, malgré tout ce que l’on a fait subir, tua la « Bête » et de quelle façon ! Celle-ci nous est contée par l’abbé Pourcher et transcrite dévotement par l’abbé PIC !

 

«  Quand la Bête lui arriva, Chastel disait les litanies de la sainte Vierge ; il la reconnut fort bien, mais par un sentiment de piété et de confiance envers la Mère de Dieu, il voulut finir ses prières. Après quoi, il ferme son livre, il plie ses lunettes dans sa poche et prend son fusil et à l’instant tue la Bête, qui l’avait attendu » 

 

Aux dire des abbés ce récit est digne de la vie d’un saint. ( MdR note de loup-blanc )

 

Alors ?

Qu’en est-il réellement dans ces deux histoires ?

Crimes sadiques, intoxication de la population par le la noblesse et le clergé,

Alchimie sanglante perpétrée par des maîtres verriers ? 

Ou tueries provoquées par des loups ?

 

En tous cas, tout ce que je suis sur, c’est que le véritable coupable est un sadique…

Et ça c’est un trait de carractère des humains….

 

LA BETE DU GEVAUDAN

Source : http://nature-biodiversite.forumculture.net/Le-complexe-de-Primarette-h9.html

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4 commentaires pour le Loup-Blanc discute sur le « Complexe de Primarette »

  1. Pineokio dit :

    salut mon ami avec l\’espoir que maintenant cela marche
    ce qui y a de sur c\’est que le loup est un animal attifé du nom de bête qui ne tue que pour se nourrir et la louve pour protèger ses petits bref un animal sauvage certe mais qui a par un passé pas si lointain sauver des enfants lachement abandonner par leur parrents. l\’homme quand a lui est cappable au nom de la justice de tuer sans pitié son prochain et par avidité de reduire a néan ce qui le protège et le fais vivre. d\’ou cette grande question que je me pose qui de l\’animal ou de l\’homme est une bête
    BJ a manosques

  2. La Licorne dit :

    comme tu as raison , mon Loup à moi ! Il n\’y a vraiment que ceux que l\’on nomme "humain" pour être aussi pervers et cruels…
    l\’animal n\’est jamais agressif par goût du sang ou de la violence ; il se nourrit , se défend ou protège ses enfants . Il n\’y a que l\’humain , aussi , pour justifier sa violence , masquer sa haine derrière une "mission" ou un "dieu" .L\’animal ne calcule pas , il est dans l\’ici et maintenant .

  3. marieke dit :

    Drôle d\’histoire…Qui ressemble un peu à celle de "l\’homme à l\’envers" de Fred Vargas. As-tu lu ce très bon bouquin? Je te le conseille en tous cas!
    Amitiés

  4. Amélie dit :

    Si je connaissais l\’histoire de la bête du Gévaudan, j\’ignorais celle de "Primarette"
    On ne saura jamais la vérité sur ces histoires
    Biz et Bonne soirée
     

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